FAIM À LA MAISON : 1 Canadien sur 7 est en situation d'insécurité alimentaire pendant la COVID-19
November 4, 2020
November 4, 2020
Durant la pandémie de COVID-19, la faim et l’insécurité alimentaire ont explosé partout dans le monde et ici même, au Canada.
Partout au pays, des membres de notre communauté affirment que leurs réserves de nourriture s’épuisent avant qu’ils n’aient les moyens d’en acheter davantage. D’autres souffrent de la faim parce qu’ils ont perdu leur emploi et n’ont pas d’argent pour se nourrir. Certains Canadiens s’inquiètent de pouvoir offrir à leurs enfants et à eux-mêmes des repas équilibrés et variés.
Au cours des deux premiers mois de la pandémie, le Canada a perdu près de 3 millions d’emplois et l’insécurité alimentaire a bondi de 39 %.
À l’été 2020, un Canadien sur sept a connu de l’insécurité alimentaire au cours des 30 derniers jours. Cela représente environ cinq millions de personnes qui peinent à se nourrir et à acheter de la nourriture pour elles-mêmes et leur famille, et qui souffrent de la faim chaque mois.
Statistique Canada indique que le chiffre d'une personne sur sept est une estimation prudente. Il sous-estime certaines populations plus vulnérables à l'insécurité alimentaire. L'organisme cite en exemple les personnes divorcées, veuves ou séparées, les locataires et celles qui travaillent dans des secteurs où le télétravail est impossible.
Malheureusement, nous savons aussi que l'insécurité alimentaire touche de façon disproportionnée les communautés à faible revenu, les communautés noires, autochtones et de couleur (PANDC) et les communautés du Nord canadien.

De même, les Canadiens vivant dans des ménages avec enfants sont plus susceptibles (19,2 %) de souffrir d’insécurité alimentaire que ceux qui n’en ont pas (12,2 %). Les personnes avec enfants sont plus susceptibles de s’inquiéter de manquer de nourriture ou de ne pas pouvoir se permettre de manger des repas équilibrés.
Les Canadiens qui ont quitté leur emploi en raison de la COVID-19 (licenciements, fermeture d’entreprise ou raisons personnelles) étaient près de trois fois plus susceptibles de souffrir d’insécurité alimentaire que ceux qui travaillaient. La perte d’emploi généralisée et la réduction des heures de travail ont entraîné une instabilité financière pour de nombreux Canadiens. Cela a, bien sûr, de nombreuses répercussions au-delà de la faim, notamment des risques pour la santé physique et mentale.
Bien que le Canada ait connu une hausse inquiétante et importante de la faim cette année, l'insécurité alimentaire est une réalité pour beaucoup.

Selon les Centres d'alimentation communautaire du Canada (CACC), environ 4,5 millions de Canadiens vivaient en situation d'insécurité alimentaire avant la COVID-19. Statistique Canada a constaté, pour les données de 2017-2018, que 8,8 % des ménages canadiens, soit environ 1,2 million de personnes, étaient confrontés à une insécurité alimentaire modérée ou grave en raison de difficultés financières.
L'insécurité alimentaire modérée se manifeste lorsque les personnes ont des difficultés à se procurer des aliments de qualité et en quantité suffisante. Elles peuvent, par exemple, avoir du mal à leur offrir, à elles-mêmes ou à leurs enfants, une alimentation équilibrée et variée. L'insécurité alimentaire grave, quant à elle, survient en cas de perturbation des habitudes alimentaires ou de réduction de l'apport alimentaire. Ces deux situations peuvent entraîner divers problèmes de santé, allant d'une santé physique fragile à des troubles mentaux comme la dépression et la détresse.
Le 16 octobre 2020 était la Journée mondiale de l'alimentation.
Nous savons que des personnes peinent chaque jour à se procurer une alimentation saine et nutritive. La pandémie a exacerbé le problème, mais n'en est en aucun cas la cause. La faim existe partout dans le monde et dans nos foyers, et elle ne cesse de s'aggraver.
Lori Nikkel, PDG de Deuxième Récolte, a été honorée du titre de Héros de l'alimentation par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) à l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation. « Durant les premières semaines de la COVID-19 », a-t-elle déclaré en entrevue, « alors que les épiceries étaient vides, tous les Canadiens se sentaient en situation d'insécurité alimentaire et très inquiets. Gérer cette peur était sans doute l'aspect le plus important : expliquer aux gens que la chaîne d'approvisionnement fonctionnait correctement. »
« Il y a largement assez de nourriture pour nourrir tout le monde, il suffit donc d'établir le lien. » Deuxième Récolte travaille sans relâche pour faciliter l'accès à ces aliments excédentaires de qualité, qui seraient autrement gaspillés, pour les communautés en situation d'insécurité alimentaire partout au Canada.